On a longtemps cru le lait maternel stérile. Il n’en est rien et les connaissances en constante évolution soulignent les bénéfices potentiels du microbiote du lait maternel vis-à-vis de la santé de l’enfant, via sa contribution à l’installation de la flore intestinale du nourrisson.

Alors que les premières publications scientifiques s’intéressant au microbiote du lait maternel n’ont pas dix ans, le rythme s’est accéléré depuis 2016. Elles lèvent le voile sur un écosystème complexe, reflet du biotope de la mère. Par exemple, un enfant né à terme qui ingère 800 mL/j de lait maternel absorbe environ 1015 à 1017 bactéries vivantes .
Le microbiote retrouvé dans le lait maternel est d’origine exogène (flore cutanée mammaire, flore orale de la bouche de l’enfant, etc.) mais également endogène. Les arguments sont chaque fois plus nombreux en faveur d’un cycle entéro-mammaire, impliquant des phénomènes de translocation digestive et une migration jusqu’à la glande mammaire via les voies lymphatiques favorisée par des adaptations physiologiques lors de la grossesse (3). « L’origine digestive du microbiote du lait de femme a été vérifiée au moyen de l’analyse du colostrum, assure le Pr Jean-Charles Picaud, du service de réanimation et pathologies néonatales (hôpital de la Croix-Rousse, Lyon). Du point de vue de la composition, ce microbiote est dominé par deux phyla bactériens, les Proteobactéries (Escherichia, Haemophilus, etc.) et les Firmicutes (Lactobacillus, Clostridium, Staphylococcus, etc.) et, dans une moindre mesure, les Actinobactéries (Bifidobactéries, etc.) et les Bacteroïdetes (Bacteroïdes, etc.) » .
Un microbiote sous influence

Jusqu’à 600 espèces différentes cohabitent dans le lait maternel (5, 6), avec une prédominance de deux germes systématiquement retrouvés dans la flore : streptococcus et staphylococcus. Ceci a été confirmé dans douze zones géographiques différentes (6). La présence indéfectible d’un socle de neuf espèces microbiennes a été repérée, appelée « core microbiome » (7). Une étude de 2017 a identifié pour sa part une douzaine d’espèces comme étant le cœur du microbiote du lait maternel (81 % du microbiote total), un taux qui tend à baisser à 73 % à douze semaines de vie (8).
Par ailleurs, cette composition du microbiote semble influencée par différents facteurs, dont l’identification n’en est encore qu’à son balbutiement : l’obésité de la mère avec une moindre diversité de la flore, la nutrition de la mère allaitante (type d’alimentation, supplémentation en probiotiques, par exemple) (9), l’âge gestationnel à la naissance avec des compostions plus riches en bifidobactéries dans le lait mature comparé au colostrum (10), les conditions de naissance avec des réductions considérables de la teneur en certaines espèces bactériennes dans le microbiote du colostrum en cas de césarienne (y compris prophylactique) versus voie basse (– 69 % de germes Pseudomonas par exemple) ou, au contraire, des augmentations (+ 94 % de germes Haemophilus) (11) et, enfin, la durée de lactation.
En particulier, un indice de masse corporelle élevé ou la prise de poids chez la mère entraîne une réduction de la teneur en bifidobactéries dans le microbiote du lait maternel. Or, la différence entre le microbiote intestinal des enfants qui vont conserver un poids normal comparé à ceux qui développeront un surpoids est d’être notablement plus riche en bifidobactéries.
De manière générale, l’évolutivité de la composition du lait maternel et, en particulier, celle de son microbiote, « semble en lien avec celle des besoins du nourrisson et de l’enfant, analyse le Pr Jean-Charles Picaud. La composition globale du lait maternel et de la flore commensale sont impliquées dans celle de la flore intestinale du nouveau-né. 70 à 88 % des espèces microbiennes retrouvées dans le microbiote intestinal du nouveau-né sont présentes dans le lait maternel » (6). Or, la colonisation intestinale précoce est indispensable au développement d’un système immunitaire fonctionnel chez l’enfant. Elle confère notamment à la muqueuse intestinale une tolérance aux antigènes ingérés (13).

D’après une communication des Drs Dominique Turck et Jean-charles Picaud
Congrès des Sociétés de Pédiatrie (24-26 mai 2018)

Laetitia Vergnac

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